Slow Parenting : comment je fais pour ralentir ?

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Quand j’explique le Slow Parenting à des parents, je fais face à une levée de boucliers. Ralentir est un mot qui semble être venu d’une autre galaxie. Quoi, tu voudrais qu’on ralentisse, mais c’est impossible !

Pourtant,

80 % des Français estiment que le rythme actuel est trop rapide

et ça ne vous donne pas envie de ralentir ?

J’ai pu faire état de 5 réticences au Slow Parenting qu’il me parait fondamental d’aborder pour vous permettre de passer le cap.

1ère réticence au Slow Parenting : « Je n’ai pas le temps de ralentir »

Face à ce rythme déjà bien huilé, quand j’évoque le Slow Parenting, les parents ont tendance à dire : « J’ai pas le temps pour ça, y’a déjà tellement de choses, c’est déjà compliqué de tout faire tenir dans une seule journée ! Si je me mets à ralentir, tout va s’effondrer ! Je vais devoir faire les tâches ménagères la nuit, c’est impossible ! »

Pour une majorité de parents, le quotidien c’est se réveiller, porter les enfants à l’école, aller au travail, aller chercher les enfants, revenir à la maison ou pratiquer une activité, faire à manger et aller au lit. C’est le rythme bien établi en société qui se veut aussi contraignant par tous les impératifs horaires et l’urgence à faire tout, tout de suite.

Tout est organisé à moins qu’un imprévu se glisse dans la journée et là c’est la panique. « Oh non, Jules est malade aujourd’hui, je vais encore devoir prendre une journée enfant malade et je vais être en retard dans mon travail ».

Le Slow Parenting : c’est pas pour aujourd’hui

Le Slow Parenting, c’est apprendre à faire moins, mais mieux. Oui, je sais que votre planning est rempli à ras bord, mais il peut aussi être moins plein. Ce n’est pas parce que l’agenda est rempli que votre vie est belle et épanouissante. Combien de fois vous vous êtes déjà dit : « ma vie n’est qu’une succession de tâches », « j’ai pas envie d’y aller », « pour une fois, je serai bien restée à la maison ».

Vous êtes très occupé(e) et vous pensez que ralentir va avoir un impact néfaste sur votre vie parce que vous allez sortir de cette succession de tâche qui vous rassure. La routine actuelle, même si elle est intense, vous procure une certaine stabilité. La problématique est qu’une routine basée sur un rythme rapide est source de stress et finis de plus en plus souvent en mal-être psychologique ou physique. Le burn-out parental en est un bon exemple.

Un temps précieux pour votre santé

Aller vite, ce n’est pas le rythme de votre horloge biologique personnelle. Les enfants ont également un rythme différent du nôtre qu’il est important d’écouter pour qu’ils se sentent bien. Le soleil se lève et se couche tous les jours à peu près à la même heure. Sa durée d’ensoleillement est toujours la même. Alors, arrêtons d’épuiser notre propre métabolisme en vivant des journées plus longues que ce dont il est en mesure de donner. Ce n’est pas dans notre nature.

Conseil Slow Parenting 

S’écouter et prendre du temps pour soi en tant que parent. Planifiez dans votre semaine, une plage horaire rien que pour vous. Cela peut vous demander un peu d’organisation au préalable, mais c’est possible. C’est important pour rester en bonne santé.

2ème réticence au Slow Parenting, « c’est pour les mères au foyer »

« Je peux pas, je travaille, ce serait incompatible avec ma vie actuelle ».

Je parle plus particulièrement aux mamans parce que j’en suis une et que j’ai vécu le fait de travailler et de ne voir mes filles que le soir. Le Slow Parenting, c’est un état d’esprit, une philosophie de vie. Il arrive parfois que les mamans soient à bout, car elles ont eu une telle charge émotionnelle à vivre tout au long de la journée. Le stress est devenu le quotidien. On ne s’aperçoit même plus qu’on est stressé(e), c’est devenu normal.

Pourtant, 8 femmes sur 10 (77 %) déclarent avoir trop de choses auxquelles penser et avoir peur d’en oublier qu’elles travaillent ou non

(enquête « Les Français et la charge mentale — Ipsos et O2 Care Services)

Le mode de survie pour toutes !

Mais, le stress est un état de survie. Il est généré par notre organisme face à une situation particulière à laquelle on s’adapte. Seulement, il est très nocif quand nous y sommes exposé(e)s tous les jours.

À mon sens, le Slow Parenting est accessible aussi aux mamans qui travaillent. Le seul facteur intangible est que son travail ne soit pas une source de stress, mais de plaisir. D’ailleurs, le plaisir doit se ressentir tout au long de la journée que l’on soit à la maison ou au travail.

Alors, posez-vous la question, êtes-vous épanouie au travail ? Prenez-vous plaisir à aller travailler ?

Rien ne vous empêchera de vivre des moments de qualité et de partage au rythme de votre enfant à votre retour à la maison si votre travail vous apporte satisfaction.

Conseil Slow Parenting 

En rentrant du travail, prenez 5 minutes tous ensemble pour faire redescendre la pression de la journée. Mettez une de vos musiques préférées, dansez, chantez, lisez une citation, une devinette. C’est le moment pour se reconnecter ensemble sur le même rythme de vie.

3ème réticence au Slow Parenting : « Et le ménage, qui sait qui va le faire ? »

« Les tâches ménagères ne vont pas se faire toute seule »

Le ménage, c’est pas moi c’est « Spyro ». Oui, vous savez le petit robot aspirateur qui passe tout seul dans la maison. Sans blague, le Slow Parenting, c’est partager du temps de qualité avec ses enfants à leur rythme et aussi au nôtre. Mais, on ne peut pas oublier les tâches du quotidien. Elles se font rarement seules.

Je sais à quel point une maison bien rangée peut signifier pour de nombreuses mamans qu’elles sont devenues la meilleure incarnation de la mère parfaite qui sait tenir sa maison.

La juste dose de ménage

Il y a les fées du logis qui adorent ça et ce n’est absolument pas antinomique avec le Slow Parenting. On peut passer des heures à épousseter, balayer, ranger, laver avec les enfants tant que ça ne devient pas une souffrance pour tout le monde. Si votre enfant n’a plus le droit de jouer dans sa chambre parce que vous venez de passer la serpillère, vous entravez son épanouissement et limitez sa possibilité d’expérimenter.

Au contraire, ralentir ne veut pas dire non plus tout laisser à vau-l’eau. Il y a une grande part de lâcher-prise dans le Slow Parenting, il n’en reste pas moins qu’un espace rangé et dépoussiéré et bien plus agréable pour la vie ensemble.

Trouvez votre juste milieu en faisant participer les enfants et les parents. Tout le monde vit au même endroit et c’est un intérêt commun d’entretenir ensemble le lieu de vie, celui dans lequel vous partagez vos joies, vos peines, vos colères, vos fous rires.

Conseil Slow Parenting 

Pour le ménage, faites-en un jeu plus que des règles à appliquer. Donnez une mission à chacun (passer l’éponge sur la table, laver une vitre, ranger ses affaires, plier le linge) et mettez une musique entrainante. À la fin de la musique, tout le monde doit avoir fini sa tâche.

4ème réticence au Slow Parenting : »Je suis trop fatigué(e) »

« Notre vie est assez bouleversée comme ça pour en rajouter une couche »

La fatigue revient chez de nombreux parents, surtout les 10 premières années où les enfants ont tellement de besoins à satisfaire. Alors, si en plus, il faut changer une habitude, cela devient plus difficile de faire un effort supplémentaire. La fatigue est un des signes qu’il est important de remettre à plat votre vie.

La source de votre fatigue

À quoi est due cette fatigue ? Est-ce que c’est :

  • uniquement les longues nuits à ne pas dormir à cause de bébés ?
  • la pression de votre entourage qui vous fatigue ?
  • il y a « trop de tout » ?
  • vous avez des problèmes que vous n’arrivez pas à résoudre ?
  • vous frôlez le burn-out ? la dépression ?

Il y a plein de raison d’être fatigué(e). Et la façon la plus simple d’y voir plus clair, c’est de prendre un peu de recul et de ralentir. Si je ralentis, qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que je me sens mieux ? Est-ce que si je décide de laisser le papa faire le bain, je me sens soulagée ou anxieuse ?

Ce sont parfois de petits changements qui apportent un peu de légèreté dans une journée et qui permettent de sortir de la fatigue. Vouloir aller vers le Slow Parenting ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un état d’esprit qui donne envie de réajuster à son rythme des moments de vie plus plaisants.

Conseil Slow Parenting 

Lutter contre le FOMO « Fear of missing out » ou « peur de rater quelque chose » pour diminuer sa fatigue. Nous avons une grande tendance à regarder notre téléphone portable à la recherche d’une information nouvelle. Néanmoins, nous ne donnons aucune respiration à notre cerveau et continuons à le stimuler sans cesse. Essayer de sortir de ce cercle vicieux du « toujours plus d’informations » pour renouer avec la réalité de votre quotidien.

Par exemple : aujourd’hui, je choisis de laisser mon portable de côté et je prends le temps de lire une histoire à mon enfant.

« Réduire son temps sur les réseaux à 30 minutes maximum par jour a un effet positif sur l’équilibre psychique ».

Etude de Hunt MG

5ème réticence : « J’ai plein de projets à vivre »

 » Si je ralentis, je n’aurai pas le temps de vivre tout ce que je veux faire dans ma vie »

Slow Parenting - OptiMoms

Moi aussi ! Et, je n’en ai jamais fait autant que depuis que je suis adepte du Slow Parenting. En vous accordant des temps libres, vous pouvez vous accorder des temps où vous faites le point sur ce que vous souhaitez faire dans votre vie. Vous l’avez peut-être déjà dans un coin, votre « bucket list », votre liste des rêves. Moi, je l’ai dans un petit carnet et j’en fais une chaque début d’année.

Le sentiment de liberté essentiel pour s’épanouir

De nombreux parents se sentent frustrés de ne pas pouvoir sortir comme bon leur semble. Le manque de disponibilité lié à la venue d’un enfant fait reconsidérer certains choix de vie. Quand certains se lancent à corps perdu dans de nombreux projets comme une fuite en avant pour ne pas s’ancrer dans le quotidien des enfants, d’autres se sentent bloqués dans un nouvel univers de couches et de biberons sans aucune possibilité de sortie.

Pourtant pour ces parents, c’est la même frustration qui guide leur pensée : la privation de liberté.

Et, le Slow Parenting leur demande en plus de ralentir et de faire moins !

Avec le Slow Parenting, je fais « Moins, mais mieux »

Oui, moins. Mais quel délice de vivre le moment présent avec ses enfants. De vivre avec eux la joie d’avoir gagné un match de foot, de vivre avec eux leur premier émoi amoureux. Si j’avais continué à nourrir ma vie avec des projets toujours plus nombreux, je n’aurais sciemment pas pu être présente pour les moments les plus importants de la vie de mon enfant. Et pour autant, je n’ai pas mis de côté mes projets. J’en ai choisi quelques-uns qui m’ont semblé atteignables et qui font sens pour moi et pour notre famille.

Conseil Slow Parenting 

Laissez place à l’imprévu. Vous savez, c’est comme quand vous êtes si impatient que votre enfant dise pour la première fois : « Maman » ou « Papa ». Vous lui répétez toute la journée et il ne dit rien. Jusqu’à un soir où il le dit et vous prend par surprise. La vie amène son lot de surprises et il n’est pas forcément utile de tout planifier pour vivre des moments heureux.

Définitivement, je ne peux pas vous laisser penser que le Slow Parenting est impossible, mais je ne peux pas non plus vous dire que c’est facile tous les jours ! Mais si on se donne les moyens, on peut arriver à ses fins ?! Vous avez envie de vous mettre au Slow Parenting ? La lenteur, c’est maintenant !

Ebook Slow Life - OptiMoms

Sources :

Slow Life, Ma révolution Intérieur, Cindy CHAPELLE, First Editions

https://www.ipsos.com/fr-fr/charge-mentale-8-femmes-sur-10-seraient-concernees

Hunt MG, Marx R, Lipson C and Jordyn Y (2018). No more FOMO, limiting social media decreases loneliness and depression. Journal of Soxial and Clinical Psychology. Decembre 2018, Vol.37, No 10 :pp 751-768.

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