Dispute de couple : “pas devant les enfants” ?

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Il vous énerve quand il laisse les enfants mettre le bazar partout, elle vous énerve quand elle ne veut pas que les enfants sortent parce qu’il fait froid… Il y a de nombreux sujets de discordes dans un couple quand il s’agit de l’éducation. Et, la dispute est inévitable pour pouvoir améliorer son approche éducative. Mais attention, vos enfants ressentent les tensions de votre couple et leurs impacts peuvent être plus importants que ce que vous pensez. Heureusement, la communication au sein de votre famille peut se révéler être votre force pour éviter des souffrances et des conflits trop brutaux.

La dispute devant les enfants, c’est parfois inévitable

🦥« Je voulais pas en venir jusque-là, mais je pouvais plus me retenir »

On a beau savoir qu’il ne faut pas se mettre en colère devant nos enfants, pourtant parfois, c’est inévitable. Les émotions nous submergent et la dispute éclate. Tout va si vite dans notre quotidien que nous ne prenons pas le temps parfois d’aborder « le sujet qui fâche » avec le recul nécessaire. Si notre conjoint a une façon d’éduquer qui n’est pas la nôtre sous certains aspects à un moment donné, il faut bien en parler. Mais, il est préférable d’éviter d’attendre que la petite goutte fasse déborder le vase😔 . Car, les conséquences pour les enfants et pour le couple peuvent être délétère et rendre difficile vos relations.

Une nouvelle recherche de l’Université de Washington en 2018 a montré que réprimer ses émotions avaient un impact sur les enfants. Alors que tout le monde s’accordait à dire qu’il ne faut pas se disputer devant les enfants, il a été démontré que « les enfants sont bons pour capter les signaux subtils des émotions. » Si vous souhaitez protéger vos enfants d’une dispute, ayez tout de même en tête qu’ils savent sentir vos divergences de point de vue même si elles ne sont pas exprimées.

 🦥« Arrête de me contredire devant les enfants »

Quand un des parents est contredit dans son autorité, il finit par la perdre. Père et mère ont une manière bien à eux d’éduquer leurs enfants. Strict, autoritaire, plus souple, laxiste, chacun fait avec ce qu’il est et avec l’éducation qu’on lui a donnée enfant. Lorsqu’il s’agit de donner des règles à son enfant, un père et une mère auront forcément une différence de degré de souplesse dans la mise en place de celles-ci. Il y a des nuances et c’est en cela que chacun contribue à démontrer aux enfants que

« peu importe la manière de faire, c’est la valeur que l’on transmet qui est importante »

Des parents peuvent établir la règle suivante : “fais tes devoirs après le goûter”. L’un des parents peut vouloir que les devoirs se fassent impérativement sur le bureau dans sa chambre et l’autre lui laisser la latitude de les faire où il veut. La règle est la même et pour autant en pratique, on pourrait vite en venir à une petite dispute entre parents sur le comment elle doit être appliquée.

Aussi, il est important que cette nuance soit laissée à la liberté de chaque parent et qu’elle soit respectée. Si vous en venez à dire, « non, il doit faire ses devoirs sur le bureau » devant votre conjoint et votre enfant, vous laissez entendre à votre enfant que votre conjoint n’a pas autorité.

Et, c’est un problème. Car, il est nécessaire que cette autorité soit partagée entre les deux parents pour qu’ils puissent transmettre chacun leur propre vision et enrichir celle de leur enfant.

🦥« Allez, c’est pas grave, c’est qu’une dispute »

D’abord, une dispute, c’est un échange brutal de propos vifs. En soi, si l’échange des opinions reste mesuré et qu’il y a une écoute des deux côtés pour trouver une solution à la mésentente, on peut penser “ce n’est pas grave”. Mais, si la dispute s’envenime avec des propos injurieux, non respectueux, blessant ou même qu’il y a des violences physiques, l’enfant reçoit des « résidus émotionnels ». Bien évidemment, cela dépend aussi de la violence de la dispute. En tout état de cause, si les parents sont violents entre eux, physiquement ou verbalement, l’impact est bien entendu très néfaste sur le plan psychologique de l’enfant.

D’autre part, il y a aussi la notion de récurrence des disputes. Vous pouvez avoir l’habitude de vous disputer avec votre conjoint(e), car c’est un peu votre manière de fonctionner entre vous. Votre relation est conflictuelle, mais ça ne vous pose pas de problème. Néanmoins, votre enfant ne le perçoit pas de la même manière. Il est sans cesse décontenancé par vos désaccords, ce qui peut le mettre dans un sentiment d’insécurité. De plus, il peut également développer lui-même ce mode de fonctionnement en étant en conflit régulier avec ses camarades/amis lorsqu’il n’est pas en accord avec eux.

Une dispute n’est donc pas anodine et peut avoir des répercussions insoupçonnées sur le développement de votre enfant sur le plan émotionnel et psychologique.

Les incidences d’une dispute devant les enfants

Un enfant ressent les tensions familiales. Même non verbalisé, il sait que quelque chose ne va pas. Il voit des scènes qui le déchirent intérieurement, il entend des mots qu’il ne veut pas entendre sous le joug de la colère et se sent souvent responsable de la situation. Il a déclenché la dispute parce que ses parents ne sont pas d’accord sur la façon de l’éduquer, lui. L’enfant culpabilise.

 🦥« je préfère rien dire sinon papa et maman vont encore se disputer »

La dispute lorsqu’elle est mal vécue par l’enfant est perçue comme une menace. L’enfant peut en souffrir et en devenir mutique. Il n’osera plus exprimer ses besoins pour éviter tout chagrin. L’enfant éprouve de la culpabilité même si ce n’est pas lui le problème, mais l’entente de ses parents sur les règles éducatives. En outre, il aime plaire à ses parents et gardera en lui ce qui a pu le blesser durant une dispute entre ses parents.

🦥« j’ai pas envie de rentrer à la maison »

Lorsque les disputes sont trop nombreuses, votre enfant même bébé ressent les tensions au sein de son environnement familial. Il peut développer des troubles de l’anxiété et un manque d’estime de soi. Les enfants ne se sentent plus en sécurité dans leur propre foyer et n’ont plus recours aux figures parentales rassurantes. Certains enfants vont avoir du mal à dormir, à s’alimenter, refont pipi au lit, sont irritables ou agressifs eux-mêmes. Pour un enfant, voir ces parents se déchirer est un signe annonciateur de séparation : la peur absolue quand on est enfant.

🦥« Je vais demander à Maman, elle va me dire oui, c’est sûr »

Si un des parents est plus laxiste que l’autre et qu’il n’y a pas d’entente sur les règles éducatives, votre enfant va s’en donner à cœur joie ! Il saura très bien vers qui aller pour avoir ce qu’il veut. C’est comme ça qu’on en arrive à des situations où Papa est “le flic en service” et que Maman est “la boulangère qui donne toujours une chouquette.” (Caricatural, mais pas tant que ça 😝). S’installe alors un déséquilibre qui empêche le père de nouer une relation autre avec ses enfants. De plus, c’est une intention de plaire à son enfant que Antoine Guedeney, pédopsychiatre, dénonce :

C’est aussi important de ne pas chercher à les séduire. Nos enfants ne sont pas nos amis. On peut avoir une relation très proche, mais c’est important, il y a une hiérarchie. Nous, les parents, on est en charge. Comme le disait John Bowlby, on est le care leaver’s, c’est celui qui est le plus sage, le plus responsable, et c’est au bout du compte et pour cette raison là que c’est lui qui décide. Et, ça c’est pas toujours très facile à comprendre pour des parents de dire « bah, c’est comme ça », parce que c’est moi qui le dis, parce que je suis plus âgé et parce que c’est moi qui suis en responsabilité, que ça te plaise ou pas. Si on ne tient pas cette position, alors on se met à la hauteur. Et, si on se met à la hauteur de l’enfant, eux, ils ne se sentent plus en sécurité ». Quelle est la pire des choses pour un parent ?

Pour écouter l’ensemble de l’interview d’Antoine Guedeney “Parents : doit-on toujours être d’accord sur l’éducation des enfants ?”, cliquez ici.

Eviter la dispute en apprenant les bases de la communication non-violente

🦥« C’est pas le moment, je suis en colère »

Une pause s’impose ! Impossible de continuer à parler, vous allez exploser et vous ne ferez qu’enchainer les reproches et cela va être une jolie démonstration de l’escalade de la violence. Pas sûr que ce soit ce que vous vouliez montrer à vos enfants. Autant se dire : « on en reparle ce soir au calme ».

Parfois, il est assez difficile de reporter le moment, vous avez deux possibilités au moins :

  • Soit, vous pouvez prendre 5 secondes pour prendre une bonne respiration et vous mettre dans un état d’ouverture et de compréhension du point de vue de votre partenaire.
  • Soit, vous décidez de discuter et de trouver un compromis, mais il faudra s’attendre à lâcher-prise sur votre point de vue…

🦥« J’ai pas envie de me disputer devant les enfants. On peut avoir une discussion constructive sans hausser le ton ? »

Une dispute ouvertement agressive est ce que l’on doit à tout prix éviter devant les enfants. Aussi, il existe des méthodes de communication* non violente.

Petite scène de ménage !

« T’as encore laissé Jules jouer à la switch alors que je lui avais interdit de jouer.

Tu le laisses jouer, tu ne respectes pas ma décision.

J’avais dit plus de switch tant qu’il n’a pas fait ses devoirs et toi,

tu ne m’écoutes pas, tu le laisses faire. Pour qui, je passe moi, le/la méchant(e).

Pour éviter d’en arriver là, vous pouvez utiliser les 4 piliers de la CNV :

  • L’Observation > en utilisant le « je » et pas le « tu », décrivez la situation. On évite d’accuser l’autre.

« Je vois que Jules joue sur la switch »

  • Le Sentiment > partagez votre propre ressenti à votre conjoint(e)

« Je suis très contrarié(e), je ne me sens pas respecté(e) »

  • Le Besoin >votre besoin personnel est insatisfait, la règle que vous avez formulée n’est pas appliquée comme vous le souhaitiez. Exprimez votre besoin.

« Je suis contrarié(e), car ce n’était pas la règle fixée suite aux mauvaises notes qu’il a eues ».

  • La Demande > exprimez votre demande à votre conjoint(e). Il ne peut pas deviner ce que vous pensez. Dites clairement vos attendus et laissez le choix à votre partenaire de proposer aussi une alternative.

« Je souhaiterais savoir si tu es d’accord qu’à partir de ce jour, Jules ne joue plus à la switch tant que les devoirs ne sont pas faits. »

Voici l’explication de Thomas d’Ansembourg des bases de la Communication non-violente

Si la dispute est constructive, réconciliez-vous devant vos enfants, car ils pourront s’en inspirer pleinement pour leur propre chamaillerie dans la cour de récré.

 « Cela aide les enfants à apprendre à réguler leurs propres émotions et à résoudre des problèmes. Ils voient que les problèmes peuvent être résolus. Il est préférable de faire savoir aux enfants que vous êtes en colère et de leur dire ce que vous allez faire pour améliorer la situation. »

Étude de Sara F. Waters étude de l’Université de Washington

🦥« Maman et Papa ne sont pas toujours d’accord et c’est normal »

Expliquer à son enfant que tout le monde se dispute et que c’est normal même quand on s’aime très fort. Il est important que votre enfant comprenne qu’il n’est pas l’objet de votre dispute. De même, que l’amour au sein de votre couple n’est pas remis en cause.

Être en désaccord se produit à n’importe quel moment, évitez de dire à vos enfants que vous vous êtes disputés parce que vous avez eu « une mauvaise journée ». Les disputes arrivent parce qu’on n’est pas en accord sur une règle, rien de plus.

Se disputer devant les enfants peut être une vraie leçon de communication. Cependant, la colère peut parfois prendre le dessus. Il est alors temps de vous en préoccuper avant qu’elle n’ait des incidences plus importantes. Face à l’impulsivité, le corps est en état de stress et il est nécessaire d’apprendre à s’apaiser avant d’agir. La méthode GORDON propose une approche pour ne plus se laisser dominer par sa colère et éviter de passer au rouge.

Source :

https://www.sciencedaily.com/releases/2018/11/181126093158.htm


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