Slow Parenting : mes 5 conseils pour éviter la punition

« Tu vas l’avoir celle-là », « je vais t’en mettre une », « tu mériterais une bonne fessée », « tu vas faire 100 lignes, ça va te calmer », « privé de dessert », « privé de tablette », « va dans ta chambre et tu n’en ressortiras que quand je te le dirai », « au coin »… éviter la punition, c’est possible…

La punition n’a plus la côte par ici !

J’ai les poils qui se hérissent à la simple énonciation de toutes ces petites phrases lancées à la volée. Nos enfants sont malmenés et instrumentalisés « fais ce qui je dis pas ce que je fais ». Et, surtout, ils n’apprennent rien de ces sanctions tirées au hasard du chapeau.

Je vous donne mes 5 meilleures pratiques éducatives pour faire grandir votre enfant et éviter de le punir (parce que ça ne sert à rien !). Il s’agit pour moi de leur transmettre des leçons de vie plutôt que de les sanctionner.

👉Éviter la punition au coin

Ba, Lily, qu’est-ce que tu fais dans le coin ?

J’ai fait une bêtise.

Ah bon, qu’est-ce que tu as fait ma chérie ?

J’ai tapé Zoé.

Oui, en effet, ce n’est pas très gentil.

Mais, qui t’as dit de te mettre au coin ?

Moi.

Je n’ai jamais mis ma fille au coin et pourtant elle a su très rapidement le trouver. Est-ce qu’elle a entendu, vu des enfants être mis au coin à l’école ? Probablement. Il n’empêche que cela prouve bien que les enfants savent quand ils font des bêtises. Il m’aura fallu une petite discussion avec elle et un câlin à sa sœur pour qu’elle puisse retourner jouer sereinement.

J’utilise peu l’isolement. Réfléchir dans un coin n’est pas évident surtout pour un enfant de moins de 6 ans qui ne fait pas encore le lien entre ses actes et leurs conséquences à cause de son immaturité cérébrale.

J’aide mon enfant à faire le lien entre ce qu’il a fait (taper sa sœur), pourquoi il l’a fait (elle a pris mon jouet), l’émotion qu’il ressent (je suis en colère) et les conséquences (ma sœur a eu mal).

Une fois que nous avons pu parler de tout ce qui s’est passé en détail en toute transparence et sans jugement, je lui demande une réparation (ici, un câlin).

Je n’utilise jamais le coin. Mais, il m’arrive de proposer à mes filles un temps calme dans leur chambre pour les aider à faire redescendre la pression.

éviter la punition - OptiMoms

👉Mon enfant ne se tient pas tranquille

Mais, t’as fini de gigoter tout le temps !

C’est pas possible, tu tiens pas en place !

Assis toi sur tes fesses !

Vous sentez l’exaspération dans mes lignes 😫… J’ai mis des petits coussins sur les bancs, je pense qu’ils atterrissent par terre en 2 ou 3 secondes dès que les filles s’installent😅. Ce sont de vraies petites boules d’énergie comme de nombreux enfants. Or, difficile pour un enfant de rester immobile. Je suis certaine que vous avez essayé comme moi de leur dire d’arrêter de bouger, mais c’est tout simplement impossible pour eux. Et si, on devait donner une punition à chaque fois qu’il bouge, on en finirait pas !

De nouveau, les capacités neuronales de votre enfant ne lui permettent pas de rester sans bouger plus de quelques minutes. Ils ont soif de découvertes et s’ennuient vite. Seulement, ça nous énerve, nous qui sommes si fatigués de nos journées, on aimerait tellement les voir calmes. Et, c’est l’escalade, plus on leur dit, moins on a le sentiment qu’ils écoutent et la punition tombe.

Alors que, quand on sait qu’on n’y peut rien parce que cela fait partie de leur état d’enfant, j’ai trouvé personnellement une petite astuce. Nos enfants ont besoin d’être occupés 😊. Alors, je ne leur demande pas d’être calme, mais je leur fais faire des activités calmes ou excitantes selon ma capacité à supporter leur vivacité.

Des idées d’activités pour éviter la punition

Si vous êtes au restaurant, armez-vous de coloriage, livres, jeux de cartes,…

À la caisse du supermarché, donnez-lui la mission de tout mettre sur le tapis et de remettre dans les sacs.

Pendant le dîner à la maison, tout le monde participe à la mise en place de la table et après, chacun prend le temps de raconter sa journée, de dessiner un bonhomme avec les grains de riz ou de parler du prochain anniversaire et des jouets qu’ils ont envie d’avoir.

Dans la voiture, si on n’a pas prévu que le trajet soit aussi long et que l’impatience se fait sentir, on met la musique à fond et on chante.

Le corps des enfants parle beaucoup. Quand il s’agite, pensez à l’occuper, vous vous éviterez une extinction de voix. Patience, ils arrêteront bien de (trop) gigoter vers l’âge de 7-8 ans.

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👉Punition : il dépasse les bornes et n’écoute plus ou pas les règles

C’est la 1re cause de sanction. « Tu dépasses les bornes des limites », « Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice » (oui, j’adore la mousse au chocolat aussi😛)… Maurice n’en fait qu’à sa tête, il ne veut rien écouter et surtout pas ses parents ! La punition est systématique.

Les enfants ne peuvent pas résister à la tentation d’aller là où on leur interdit. Ils ont un grand besoin d’exploration, de découvertes et auront beaucoup de mal à se refréner. Ils ont besoin de vérifier que si Maman dit : « Ne touche pas au plat, il est chaud », il est vraiment chaud. Si Papa dit : « On ne traverse pas quand le bonhomme est rouge », ça attise leur curiosité : « Qu’est-ce qu’il se passerait alors si je passais quand même ? ».

Alors, pour ma part, je remarque que si je dis « Fais pas ci, fais pas ça », ça ne fonctionne pas.

1. Dire ce qu’il peut faire plutôt que de lister les interdits

Alors, je dis tout ce qu’ils ont droit de faire plutôt que de poser des interdits à tout bout de champ. Je crois que si on restreint trop un enfant en lui montrant uniquement ce qu’il n’a pas le droit de faire, il va vite se sentir oppressé surtout si la punition n’est pas loin. C’est comme si on lui réduisait sa chambre à un tout petit espace sans jouets. J’évoque donc à mes enfants ce qu’il est possible de faire.

2. Etablir des règles claires

La deuxième chose que j’établis ce sont des règles claires et avec une explication. 

« La règle est la même pour tout le monde, quand le bonhomme est rouge, on ne traverse pas. C’est un danger, si tu traverses au rouge, une voiture peut te percuter et te faire très mal. »

3. S’assurer que la règle est comprise

Puis, je m’assure que la règle est comprise : « Si le bonhomme est rouge doit-on traverser ? ».

Souvent les enfants connaissent déjà les règles, je les incite à me la dire « oh, il y a un bonhomme rouge, est-ce que je peux traverser ? ». C’est comme un jeu et les enfants sont contents de m’apprendre une règle, ils sont acteurs et cela les met en valeur.

👉Il me ment et raconte des histoires à dormir debout

« Mais, si je t’assure aujourd’hui, Naël m’a tapé sur le doigt et j’ai pleuré toute la journée sans m’arrêter et maîtresse m’a grondé parce que je pleurais ».

Vous les connaissez ces histoires qui n’en finissent pas et qui n’ont ni queue ni tête ? On a tellement envie de leur dire : « Mais je sais que tu me mens, arrête, je te crois pas ! »

C’est une période en général de 4 à 7 ans où leur imagination se mêle au réel. Il faut décrypter les messages cachés : besoin de reconnaissance, de justice, de se sentir aimé, d’estime de soi, de confiance en soi…

On pourrait avoir tendance à leur dire un gros « STOP, ce n’est pas beau de mentir », mais en fait c’est un passage. Donc, pour le moment, rien d’inquiétant, ils ne vont pas sombrer dans la mythomanie. Par contre, si c’est le cas un peu plus tard, il vous sera important d’avoir des discussions plus axées sur la sincérité, mais vous ne pourrez pas empêcher un ado de vous mentir (l’intimité, c’est sacré).

Donc, ne pas diaboliser les mensonges me parait vraiment important, car les enfants font travailler leur imagination. Cependant, j’ajoute une pointe de malice à ces paroles qui n’en finissent pas pour faire comprendre à mes enfants que je ne suis pas dupe…

Je fais un clin d’œil à mes filles lorsqu’elles mentent. Elles comprennent tout de suite que je sais que ce qu’elles me racontent n’est pas vrai et elles sourient à leur tour. Je peux même parfois en rajouter une couche en inventant aussi une situation rocambolesque dans ma journée.

👉Il ne part jamais sans sa punition

Il s’amuse tellement que quand vous dites, « c’est l’heure de partir », c’est le ciel qui lui tombe sur la tête. Personnellement, l’heure du bain est le moment tant redouté par mes filles, mais cela peut être en partant du parc ou de chez des amis.

C’est souvent embêtant pour le parent qui a probablement plein d’autres choses à faire et qui veut absolument partir dans la minute.

Pour l’enfant, c’est difficile, car il n’a pas encore acquis la notion d’anticipation. Lui, il s’imaginait juste jouer pendant des heures et des heures sans s’arrêter. Au contraire de nous, la notion de temps n’est vraiment pas leur préoccupation.

Alors, ça coince entre les deux, j’ai déjà vu des parents tirer leurs enfants de toute leur force pour qu’ils arrêtent de s’agripper à la barrière du parc de jeux pour enfant… Dans ce cas, j’imagine que la punition va tomber, car l’enfant n’aura pas écouté ses parents.

Nous sommes les maîtres du temps pour nos enfants. C’est nous qui mettons en place leur routine et décidons des moments les plus pertinents pour se rendre ou partir d’un endroit.

Un enfant a des milliers de raisons de rester :

  • il a inventé une histoire et qu’il ne l’a pas finie,
  • il voulait faire du toboggan, mais qu’il n’a pas eu le temps,
  • il ne voit pas beaucoup cet ami et qu’il voudrait passer plus de temps avec lui,
  • il n’a pas envie d’avoir froid en allant à la douche

Prévenir

Je pars toujours d’un premier principe, celui de prévenir. Prévenez au moins 10 minutes avant, car le temps passe très vite. Vous pourrez aussi lui faire un petit rappel 5 minutes avant.

Expliquer la temporalité

Le deuxième principe, c’est d’expliquer la temporalité. « Nous devons partir de chez nos amis à 17 h, car nous avons une heure de route, ce qui est beaucoup et après il y a la douche, le repas du soir… » Il est important à mon sens que votre enfant ait connaissance des impératifs de la famille, qu’il ne pense pas que c’est juste une volonté pour vous de l’interrompre lui dans ce qu’il fait.

Ecouter la volonté de l’enfant

Le troisième principe, être à l’écoute des propres désirs de ses enfants. C’est un moment plaisant, amusant, votre enfant doit pouvoir le vivre pleinement. Alors, quand vous venez lui dire que vous allez partir dans 10 minutes, vous pouvez aussi lui demander ce qu’il souhaite faire pendant ces 10 minutes. Si votre enfant vous dit qu’il doit finir de donner à manger à ses bébés, lorsque vous reviendrez pour lui dire que c’est l’heure, il pourra vous répondre « c’est la dernière cuillère et j’ai fini ».

En lui demandant ce qu’il veut faire, il donne lui-même un cadre à son amusement. Il sera plus facile de lui en faire sortir puisqu’il a lui-même défini quand le jeu s’arrêtera. Bien sûr, il faut que sa proposition puisse tenir dans les 10 minutes convenues. Une petite négociation peut s’imposer.

Ayez à l’esprit que votre enfant se construit par la fréquence de la verbalisation de vos limites éducatives. Vos enfants ont besoin de régularité pour comprendre ce qui est attendu d’eux pour vivre en société. Soyez constant dans votre façon d’aborder les difficultés ou moments un peu délicats que vous font vivre vos enfants. Une bonne communication est essentielle pour avancer ensemble dans la même direction. Vous y trouverez une belle harmonie familiale et sans punition.

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