Anxiété de l’enfant : c’est grave docteur ?

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Nina ne veut plus aller à l’école, Elisa a peur des sorcières, Nino a peur du noir, Emmy a peur de parler en classe… nos enfants ont tous des inquiétudes. Les troubles anxieux chez les enfants à partir de 5 ans sont très courants. En juin 2023, l’étude Enabee relate que 5.6 % des enfants scolarisés en primaire présentent des troubles émotionnels notamment de l’anxiété. Qu’est-ce qui provoque leur anxiété ? Quels sont les signes à observer ? Comment accompagner nos enfants pour éviter que leur anxiété devienne excessive ?

Qu’est-ce que l’anxiété ?

C’est entre 7 et 9 ans (87 %) que l’on constate un pic d’anxiété chez nos enfants. Et d’ailleurs, je l’ai moi-même remarqué avec ma fille. L’angoisse est présente tous les jours : peur d’aller dans le couloir tout noir, peur de s’endormir, peur de ne pas y arriver, peur, peur des personnages imaginaires, peur des orages… Houla, y’a un raz-de-marée d’anxiété !  

L’anxiété, c’est quoi ?

L’anxiété fait partie avant tout des émotions « normales » telles que la tristesse, la peur, la colère, la joie… Donc, pas de panique, votre enfant va bien jusqu’ici. Son émotion est générée par la peur d’une situation qu’il s’imagine ou qu’il a exagéré par rapport à la situation vécue.

Un enfant peut éprouver de l’anxiété à rester dans sa chambre le soir car il s’imagine qu’il y a un monstre caché sous le lit. Il peut également penser que la maison peut prendre feu parce qu’on a allumé une bougie. L’enfant a l’impression d’être en danger et ne rationnalise pas sa réponse, il s’emballe dans une histoire rocambolesque qui n’a que peu de raison de se produire.

« Maman, si je vais à l’école avec mes baskets bleus, les copains ne vont pas m’aimer et ils vont me taper et je n’aurai plus d’amis ». (Rassurez-vous les baskets sont très belles et il ne lui ai strictement rien arrivé 😉)

Anxiété, angoisse ou peur ?

L’anxiété est une inquiétude extrême causée par un évènement que l’on appréhende. C’est ce que l’on ressent quand on attend un résultat d’examen par exemple.  

L’angoisse est un malaise psychique et physique qui est provoqué par l’imminence d’un danger. Le pouls s’accélère, on transpire, on sent sa gorge se serrer. C’est une sensation que vous pourrez ressentir si vous sautez en parachute. 😊

La peur est une émotion soudaine face à un danger ou une menace et qui saisit la personne. Je ne compte plus toutes les fois où j’ai sursauté quand les filles me font : « Bouh »

Le “hic” quand l’anxiété le submerge

L’anxiété a un bon côté, c’est qu’elle permet à nos enfants de rester prudent. C’est le signal d’alarme que l’on reçoit quand on voit une voiture s’approcher dangereusement du passage piéton : « je le sens pas, je vais attendre qu’elle passe ».

Néanmoins, l’anxiété devient pathologique lorsqu’elle entraine des comportements et des stratégies d’évitements envahissantes au quotidien. Si votre enfant ne veut plus du tout aller à l’école, s’il ne veut plus parler, s’il n’arrive plus à dormir parce qu’il pense qu’un voleur va venir… Lorsque l’on constate que l’enfant a intégré sa peur dans son quotidien et qu’il en souffre, il est important de ne pas laisser s’installer son anxiété au risque qu’elle se transforme en troubles anxieux.

A quel âge, un enfant peut avoir des troubles anxieux ?

L’âge moyen de l’apparition des troubles anxieux est à 5 ans. Entre 5 et 7 ans, ils ont peur des chiens ou d’autres animaux et de la séparation. Vers 10 ans, les enfants peuvent ressentir une anxiété généralisée puis vient l’heure des phobies sociales et des troubles obsessionnels compulsifs jusqu’à l’âge de 15-16 ans.

Les causes les plus courantes de l’anxiété ?

Il y a souvent un fait déclencheur à l’anxiété. Même si parfois, sa cause peut être d’ordre génétique, l’anxiété est souvent liée à un évènement (scènes de films, situations vécues par l’entourage, deuil, conflits), un changement (déménagement, séparation, entrée à l’école) ou aux personnes que l’enfant côtoie (surprotection de l’enfant, adulte inquiet, violence, négligence, exigences de l’adulte).  

Les 6 troubles de l’anxiété chez l’enfant

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Dans certaines situations, l’anxiété peut être considérée comme pathologique du fait de sa particulière sévérité et des symptômes récurrents. Les troubles de l’anxiété doivent être évoqués avec un professionnel de santé afin d’y mettre un terme.

L’anxiété de séparation

L’enfant a peur de se séparer de ses parents et adopte un comportement d’opposition excessif (colère, pleurs, anxiété). Le refus d’aller à l’école ou l’impossibilité pour l’enfant de s’endormir seul peuvent être des conséquences de cette anxiété. L’enfant peut également faire des cauchemars où ses parents lui sont enlevés. Le trouble d’anxiété lié à la séparation peut amener l’enfant à avoir des symptômes physiques causés par la peur de perdre sa mère ou son père (nausées, vomissements, maux de ventre). C’est un enfant qui va être constamment en demande de réassurance à tel point qu’il ne veut plus lâcher ses parents ! Ce type de trouble s’observe durant 1 mois pour être révélateur d’une souffrance profonde.

L’anxiété généralisée

L’enfant a une anxiété envahissante qui est présente dans tous les aspects de sa vie au quotidien. À l’école, à la maison, durant les activités périscolaires, il a de nombreuses inquiétudes qui se répercutent également sur le plan physique. Il est tendu, agité, fatigué, a des difficultés à se concentrer et à s’endormir. Ce sont souvent des enfants qui se mettent la pression pour tout faire à la perfection et qui vont avoir besoin de l’approbation de leurs parents quand ils font quelque chose.

Le trouble panique

C’est le trouble anxieux le plus brutal. Il se manifeste plus souvent chez le jeune adulte, mais peut également être vécu par un enfant. C’est une crise d’angoisse aigüe qui dure en moyenne entre 20 et 30 minutes. L’enfant ressent une peur excessive qu’il n’arrive pas à contrôler et qui lui donne la sensation de perdre la tête ou même de mourir. Son souffle est court, il a des difficultés à respirer, son cœur bat vite et il peut se mettre à trembler ou à être étourdi. L’enfant va craindre l’apparition de nouvelles crises et des symptômes associés.  

Les phobies

Les phobies sont des peurs irrationnelles et sans fondement. Pourquoi avoir peur d’une araignée ? « La petite bête ne mangera pas la grosse, à priori ? » Et pour autant, pour certaines personnes, il sera impossible d’être en présence de ces petites bêtes à 8 pattes.

Pour les enfants, il y a principalement 2 types de phobie qui se révèlent à leur âge :

  • l’agoraphobie : la peur dans les espaces publics de ne pas pouvoir s’échapper.
    • L’enfant évite les endroits fréquentés voire s’isole chez lui
  • la phobie sociale : la difficulté à s’exprimer et s’affirmer dans les relations sociales.
    • L’enfant ne veut pas prendre la parole en classe, est très timide, gêné lorsqu’il doit se confronter à ses camarades. Un des symptômes avant-coureurs de la phobie sociale et le mutisme sélectif. L’enfant ne va parler qu’à certains adultes ou enfants et pas aux autres, va chuchoter, montrer du doigt, rougir…

Les Troubles Obsessionnel-Compulsif (TOC)

L’enfant a des pensées obsédantes et incontrôlables dont il n’arrive à se débarrasser que par l’action. Il exécute ainsi des routines ou des rituels compulsifs pour libérer son anxiété. Les TOC sont une entrave au quotidien, car ce sont des processus qui prennent du temps et qu’il ne peut pas remettre à plus tard.  

L’anxiété post-traumatique

Suite à un traumatisme, un évènement dramatique, l’enfant peut développer un état de stress post-traumatique. L’enfant présente des crises d’angoisse intense et revit le choc émotionnel comme des « flash-backs ». Il peut également se mettre en retrait de la vie familiale ou avoir des crises de larmes et de colères récurrentes. Son sommeil est souvent dégradé avec des cauchemars et de l’énurésie.

Attendre que ça passe ?

Les troubles anxieux ne disparaissent pas comme par enchantement, malheureusement. Un enfant qui vit une anxiété excessive est en grande souffrance et doit être aidé par ses parents et par un professionnel de santé parfois.

« Ce qui garde l’anxiété en vie, c’est avant tout le fait de l’éviter »

John Walker

Aider son enfant à faire face à son anxiété

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Un parent rassurant et patient

Nous ne sommes pas dans la tête de nos enfants pour y voir clairement leurs inquiétudes. Cependant, nous pouvons les aider à libérer leur parole et leurs émotions pour évoquer leurs peurs et leurs angoisses.

Restez positif et donnez l’impression d’être confiant sur la capacité de votre enfant à sortir de son anxiété. Votre enfant se calque sur votre niveau d’anxiété. Plus vous serez calme, plus vous allez l’apaiser, le sécuriser et l’aider à exprimer ses propres craintes même si elles sont totalement irrationnelles.

Attention toutefois à ne pas trop le rassurer. Vous pouvez l’aider à résoudre le problème par lui-même : « Et si cela arrive, que ferais-tu ? » pour qu’il prenne conscience que rien n’est insurmontable.

Faites baisser la pression que votre enfant a mise sur ses épaules en lui rappelant que l’important pour vous, c’est qu’il fasse ce qu’il peut.

Exposer son enfant à son anxiété

Il vous l’a dit, il ne peut pas aller seul dans le couloir tout noir. C’est au-dessus de ses forces. Face à des craintes, des peurs qui n’ont pas lieu d’être, il faut s’y confronter. Votre enfant doit apprivoiser sa peur et se rendre compte pas à pas qu’il n’y a aucune raison que son angoisse prenne le dessus. Félicitez-le pour chaque comportement « courageux » même si ce n’est qu’un pied dans le couloir, c’est déjà un pied ! (demain, on essaye 2 pas, puis 3, etc,) Encouragez votre enfant à se dépasser et montrez-lui à quel point il a réussi à franchir ses propres limites mentales.

Mettez les pieds dans le plat. N’hésitez pas à renforcer l’exposition de votre enfant à sa peur, mais toujours avec bienveillance et à son rythme. Il ne sert à rien de le brusquer, vous allez renforcer son anxiété.

Inviter son enfant au relâchement

Vous pouvez aider votre enfant à réduire son anxiété. D’une façon générale, il est important que votre enfant ait son quota de sommeil et de bonnes habitudes alimentaires et physiques. Favorisez au maximum la dépense énergétique pour libérer les tensions musculaires liées à l’anxiété et les exercices de relaxation (méditation, yoga en famille, sophrologie, respiration profonde).

De façon plus ciblée, lorsque l’enfant se confronte à sa peur, il peut utiliser 3 méthodes pour se libérer de son anxiété :

  • Énoncer une phrase positive qui renforce son courage : « je vais y arriver » ou « je n’ai pas peur » ou « je suis courageuse » ou « je suis capable de réussir »…
  • Jouer avec son imagination. « Le couloir est noir ? Comment aimerais-tu qu’il soit ? » Laissez votre enfant imaginer un endroit agréable et qui le sécurise. (ps : Ça marche pour les cauchemars, je demande souvent à mes filles de repeindre dans leur tête la sorcière en rose et de transformer ses doigts crochus en chamallow)
  • Dessiner. Lorsqu’un enfant est totalement mutique et tétanisé par l’anxiété, vous pouvez lui proposer de laisser aller ce qu’il a sur le cœur par un dessin, une histoire qu’il écrira, etc.

Les thérapies contre l’anxiété pour l’enfant

Si vous sentez que votre enfant a besoin du soutien d’un professionnel, il existe pour les anxiétés légères 2 types de thérapie :

  • la thérapie comportementale et cognitive : elle va lui permettre de questionner son schéma de pensée négative pour qu’il puisse plus facilement gérer son anxiété.
  • La thérapie d’exposition : l’enfant est mis en situation d’anxiété et le professionnel va l’aider à rester dans cette situation jusqu’à ce qu’il s’y sente à l’aise.

Petit Récap’ avec la Maison des Maternelles

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Nos enfants découvrent la vie avec ces turpitudes et ses plaisirs. Il est normal donc qu’ils éprouvent de l’anxiété face à un évènement inhabituel ou un changement. Mais parfois, l’anxiété prend le pas sur le quotidien et est une source de souffrance avec son lot de symptômes. Il est donc impératif de le rassurer et de l’aider à affronter ses craintes pour éviter des difficultés importantes dans son quotidien.

La sophrologie est une merveilleuse petite boîte à outils à ouvrir quand votre enfant ressent une émotion qui le dépasse. Les exercices de relaxation et de respiration contrôlés sont idéals pour transformer l’énergie négative en pensées positives.

Sources :

https://www.educatout.com/edu-conseils/psychologie/l-anxiete-et-les-peurs-chez-les-enfants.htm

https://www.quebec.ca/sante/sante-mentale/sante-mentale-chez-enfant-et-adolescent/soutenir-enfant-et-adolescent-pour-gerer-stress-et-anxiete

https://www.esantementale.ca/Comite-Lanark/Lanxiete-chez-les-enfants-et-les-adolescents-Information-a-lintention-des-parents-et-des-aidants/index.php?m=article&ID=8872

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